
Interview Jean-Baptiste Schmider - Auto’Trement
L’autopartage, pour une conduite écologique et citoyenne
Quel est le principe de l’autopartage ?
Jean-Baptiste Schmider : directeur d’Auto’trement
Le principe général est de constituer un parc de véhicules mis à disposition des usagers, 24 heures sur 24, pour des besoins précis : une course, un déplacement professionnel, une sortie en famille… Cette offre de service fonctionne par abonnement et sur simple réservation. Le véhicule est emprunté à l’association pour une durée déterminée, puis rendu en fin de parcours. L’idée est de désengorger les villes, en incitant les consommateurs à adopter une utilisation plus écologique et citoyenne de l’automobile. Il faut savoir qu’une voiture partagée remplace sept voitures particulières. L’impact sur l’environnement est donc bien réel.
Comment est née l’idée d’Auto’trement ?
JB. S : Nous étions un groupe d’habitants du centre-ville de Strasbourg : amis, collègues, voisins. Nous avions tous une voiture que nous n’utilisions que le week-end et pour les vacances. La situation devenait irrationnelle : nous étions chacun propriétaire d’un objet cher, polluant, potentiellement dangereux et qui prenait une place inutile. Nous avons donc décidé de monter une structure d’autopartage. Les autorités locales nous ont soutenus.
Nous avons démarré avec trois véhicules achetés d’occasion. Un an après, nous comptions déjà une centaine d’utilisateurs ; ce qui prouve que nous répondions à une attente. Ce succès nous a poussés à industrialiser notre démarche. Nous avons rencontré des gens intéressés dans d’autres villes d’Alsace, puis le projet s’est encore étendu.
En 2002, nous avons créé France-Autopartage qui fédère aujourd’hui des structures sur la France entière. Pour la seule agglomération de Strasbourg, nous enregistrons mille abonnés pour un parc de quarante-cinq voitures. Nous mettons à leur disposition seize stations disséminées sur la commune, où ils peuvent prendre possession du véhicule qu’ils ont réservé.
Quelles sont selon vous les motivations de vos adhérents ?
JB. S : la motivation de l’usager est d’abord économique avant d’être écologique, cependant, force est de constater que les mentalités évoluent. On commence par se dire : ce n’est pas bête, je vais réduire mon budget. Puis, on se rend compte que l’on fait, en même temps, une bonne action pour la planète. C’est la cerise sur le gâteau !










