
Innovation technologique
La Macif au volant d’une voiture à hydrogène
Sylvie Bellec : BMW m’a fait l’honneur de tester sur le circuit de Miramas le modèle Hydrogen 7. En faisant tourner une dizaine de modèles Allemands homologués, les responsables de la marque bavaroise veulent prouver aux autorités politiques, encore réticentes, qu’une voiture de série peut fonctionner à l’hydrogène sans danger. Je suis en effet revenue convaincue de la sécurité de ce modèle. BMW a en effet effectué plusieurs crash test et mis le feu au réservoir sans provoquer aucune explosion.
Concrètement, comment fonctionne cette voiture ?
S.B. : L’Hydrogen 7 est un véhicule hybride, il dispose de deux réservoirs : un d’essence, l’autre d’hydrogène. Le démarrage s’effectue automatiquement en mode hydrogène. Contrairement à un véhicule utilisant la technologie hybride « électrique/essence », qui passe automatiquement en mode essence au-delà d’une certaine vitesse (environ 40 km/h), l’Hydrogen 7 peut rouler à
130 km/h sur autoroute sans utiliser le réservoir d’essence. L’autonomie du réservoir hydrogène est de 200 km. Un bouton permet de passer d’une carburation à l’autre sans qu’il n’y ait de différence de bruit, de nervosité ou de reprise.
En mode essence, cette berline de 6.000 cm3 rejette 300 g/km de CO2… contre 5 g/km avec l’hydrogène, combustible propre puisque ne générant que de la vapeur d’eau. J’ai fait le test en mettant un miroir au bout de l’échappement et le résultat est éloquent.
Comment voyez-vous les évolutions du monde de l’automobile et comment le monde de l’assurance est-il susceptible d’accompagner ses évolutions ?
S.B. : En dépit de la réalité, la commercialisation des véhicules roulant à l’hydrogène n’est pas encore pour demain. Car l’installation de pompes spéciales est coûteuse et la complexité du stockage pose encore problème. Si un réservoir d’essence pèse en moyenne 40 kg, le réservoir d’hydrogène installé sur la BMW flirte avec les 220 kg ! BMW travaille pour réduire ce réservoir afin de pouvoir l’installer sur une série 3, le constructeur annonce une commercialisation possible dans une petite dizaine d’années. Toutefois, il existe deux pompes en Allemagne et une en Italie qui fonctionnent. Des personnalités Allemandes et Italiennes les testent depuis plus d’un an.
Devant le peu de risques constatés, il n’y a pas de raison de ne pas assurer ces nouveaux véhicules propres. Cela dit, pour être totalement objectif, il faudra sans doute que les assureurs acquièrent une vision plus globale des impacts environnementaux produits tout au long de la chaîne de production des carburants. C’est en cela que résidera l’évolution du mode de calcul des véhicules propres de demain.












